Enthéogène - Amanite tue-mouche
L’amanite tue-mouches est un champignon enthéogène que l’on peut facilement confondre avec des champignons mortellement toxiques. L’amanite tue-mouches contient de l’acide iboténique (très toxique), qui est ensuite converti en muscimole en le chauffant, produisant ainsi les effets psychoactifs recherchés.
Le muscimole est censé produire des effets sédatifs, oniriques et trippants. Un professeur suédois, suggéra en 1784 que les Vikings utilisaient de l’amanite tue-mouches pour provoquer la fureur du berserker. Ce champignon enthéogène aurait des effets « célestes » ou extrêmement effrayants. Selon ses utilisateurs, cet enthéogène a un goût absolument dégoûtant.
Ce champignon
pourrait bien être l'un des plus anciens hallucinogènes dont l'homme ait fait
usage. Certains auteurs ont laissé entendre que les effets étranges de cette
amanite ont pu contribuer à créer l'idée même des dieux.
L'amanite tue-mouches croît dans les régions tempérées de l'hémisphère Nord. En Eurasie, elle a un très beau chapeau orange foncé ou rouge sang orné de verrues blanches. Le chapeau de l'amanite nord-américaine varie entre blanc-crème et jaune orangé. Il existe également des différences chimiques entre les deux variétés. En effet, l'amanite que l'on trouve dans le Nouveau Monde est dépourvue des effets fortement hallucinogènes de celle de l'Ancien Monde. En 1730, on a découvert que ce champignon était consommé à des fins orgiaques ou religieuses en Sibérie. Par la suite, on constata que plusieurs groupes isolés de Finno-ougriens (Ostiaks et Voguls) en Sibérie occidentale et trois tribus primitives (Chuckchees, Koriaks et Kamchadals) du nord-est de la Sibérie le consommaient aussi. Ces tribus n'utilisaient aucun autre narcotique jusqu'à tout récemment avec l’apparition de l’alcool.
Ces peuples
consomment le champignon séché au soleil ou grillé lentement au-dessus d'un
feu, sans rien d'autre, ou encore ils le prennent avec du lait de renne ou du
jus de plantes sauvages. Lorsque les champignons sont consommés seuls, ils sont
d'abord humidifiés dans la bouche avant d'être avalés, ou encore ce sont les
femmes qui les humectent et qui en font des boulettes que les hommes avalent.
Il existe aussi dans ces tribus une pratique étrange et très ancienne. Il s'agit d'un rite au cours duquel des hommes boivent l'urine de ceux qui ont consommé en premier les champignons, et parfois même de celle des rennes qui en raffolent ! Les éléments actifs du champignon traversent tout l'organisme et sont excrétés sans être modifiés ou sont transformés en dérivés aussi actifs que les premiers éléments. Par conséquent, avec seulement quelques champignons on peut satisfaire plusieurs personnes. La nature de l'intoxication est variable, mais l'absorption d'un ou de plusieurs champignons provoque des contractions nerveuses du visage, des tremblements, de légères convulsions, l'engourdissement des jambes et un sentiment de bien-être caractérisé par le bonheur, le désir de chanter et de danser, des visions colorées et arrive la macropsie (perception grossie des objets). Il arrive quelquefois que les usagers aient des accès de violence avant de sombrer dans un profond sommeil. Les participants sont parfois sujets à de curieuses impressions, comme ce fut le cas pour un membre d'une vieille tribu qui était convaincu de venir tout juste de naître! La ferveur religieuse accompagne souvent l'état d'ébriété.
Il semble que ce champignon pourrait être le mystérieux dieu Soma, narcotique de l'Inde antique. Il y a de ça des milliers d'années, les conquérants aryens qui traversèrent l'Inde adoraient Soma, le consommant sous forme de breuvage au cours de cérémonies religieuses. Plusieurs hymnes du Rig-Veda hindou sont consacrés à Soma et décrivent la plante ainsi que ses effets. L'utilisation du soma a finalement disparu et pendant deux mille ans on a cherché en vain à l'identifier. Au cours du siècle dernier, plus de cent plantes ont été proposées, mais aucune ne correspondait à la description donnée dans les hymnes religieux. Certaines recherches ethnobotaniques, bien que décriées, ont abouti à l'identification de cette plante qui serait l'A. Muscaria. Cette découverte est corroborée par le fait que, dans les Védas, il est fait mention d'une cérémonie où l'on boit de l'urine. Or, le principal élément intoxicant de l'amanite, la muscimole (que l'on ne trouve que dans ce champignon), est le seul hallucinogène naturel qui, une fois excrété par l'organisme, en ressort inchangé.
L’amanite
tue-mouches est ainsi appelée à cause de l'utilisation qu'on en a faite pendant
des siècles, en Europe, pour tuer les mouches. On laissait les champignons dans
une assiette découverte. Les mouches étaient attirées, s'intoxiquaient et
succombaient aux propriétés insecticides de la plante
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