Enthéogène - Peyotl
La similarité entre le cactus San Pedro et le Peyote réside dans le principal composé psychoactif : la mescaline. Les premières traces d’utilisation du peyote remontent à 3780/3660 avant notre ère, après que le cactus peyote ait été identifié dans d’anciennes tombes amérindiennes.
Le peyote était largement utilisé par les indigènes Huichol, une tribu qui existait depuis des milliers d’années. Le peyote a tellement été récolté qu’il est maintenant classé comme une espèce « vulnérable ». Aujourd’hui encore, cet enthéogène est utilisé par les Amérindiens à des fins chamaniques.
Il s'agit de la
plante hallucinogène la plus spectaculaire des Amériques et l'une des plus
anciennes. Le peyote est
originaire de la vallée du Rio Grande au Texas, ainsi que du nord et du centre
du plateau mexicain.
Les Aztèques s'en servaient et l'appelaient peyotl. C’est un petit cactus charnu, discret, sans colonne, surmonte d'un bouton gris-vert d'où émergent des touffes de poils blancs, qui croit dans les déserts rocailleux. Sa longue racine a la forme d'une carotte. Les indigènes enlèvent les couronnes du cactus et les font sécher au soleil jusqu'à ce qu'elles deviennent des boutons bruns, des boutons de mescal, que l'on peut conserver longtemps. Lorsqu'on enlevé le chapeau du cactus, la plante en forme souvent de nouveaux, de sorte qu'on peut facilement trouver des peyotls a plusieurs têtes.
Le rôle du
peyotl chez les Aztèques a été décrit par des chroniqueurs espagnols du XVIème siècle.
L'un d'entre eux rapporte que ceux qui le consomment ont des visions
effrayantes et demeurent ivres pendant deux ou trois jours, que ce peyotl est
un aliment commun pour les Chichimèques: « il les soutient et leur donne le
courage de combattre, il leur enlève la peur, la faim, la soif, disent-ils.
Cela les met même à l’ abri de tout danger ».
Un médecin du
roi d'Espagne, en décrivit les merveilleuses
propriétés. II remarqua la petite taille des boutons et écrivit ceci: « Ils
sortent à peine de terre, comme s'ils ne voulaient faire de mal ni à ceux qui
les trouvent ni à ceux qui les mangent. »
Les conquérants espagnols se sont farouchement opposés à l'utilisation du peyotl par les Aztèques. Inquiets de la ferveur religieuse qui entourait ce cactus, les Espagnols ont essayé avec rage, mais sans succès, de la faire disparaitre. En dépit de quatre siècles de persécution civile et ecclésiastique, l'utilisation et l'importance du peyotl n'ont pas cessé de s'accroitre. Aujourd'hui, l'usage est si ancré dans les coutumes indigènes que même ceux qui se sont convertis au christianisme croient en un saint patron du peyotl, EI Santo Nino del Peyotl, qui se promené sur les collines où pousse le cactus.
L'importance religieuse du peyotl est encore très grande de nos jours chez les Tarahumaras, les Huichols et d'autres Indiens mexicains. Les Tarahumaras croient que lorsque le père soleil a quitté la terre pour habiter dans les cieux, il nous a laissé le peyotl ou hikuli afin de guérir les maux et les blessures des hommes: « Le peyotl chante et parle quand il croit, une fois cueilli et mis dans un sac, il chante avec joie sur le chemin du retour et Dieu parle par cette plante ». Plusieurs légendes traitant des pouvoirs surnaturels du peyotl expliquent son importance religieuse, on l'exalte même jusqu'à en faire quasiment une divinité.
Les effets du peyotl sur le corps et l'esprit sont si étranges et si fantastiques qu'il est facile de comprendre pourquoi les indigènes croient que des esprits ou des dieux y résident. L'effet le plus spectaculaire est le jeu kaléidoscopique de visions riches et colorées indescriptibles. Des hallucinations auditives, sensuelles et gustatives se produisent également. On peut diviser l'intoxication en deux étapes: d'abord, un état de satisfaction et d’hypersensibilité, suivi d'un calme artificiel et d'une léthargie musculaire. A ce moment-là, le sujet commence à accorder moins d'attention à ce qui l'entoure et accroit son introspection. Avant que les visions n'apparaissent quelque trois heures après l'absorption du peyotl, le sujet a des illuminations colorées, dont la profondeur et la quantité défient toute description. Les visions se succèdent souvent selon une séquence de figures géométriques qui deviennent des objets grotesques et non familiers, différents pour chacun.
La cérémonie
typique des Indiens des plaines a lieu une fois par semaine. Elle se déroule
dans un tipi et dure toute la nuit. Les participants s'assoient en cercle
autour d'un autel de sable en forme de demi-lune, sur lequel on a déposé un
gros cactus appelé «père peyotl», et où brule un feu sacré. On dispose ensuite
les cendres du cactus pour qu'elles représentent l'oiseau du tonnerre. La cérémonie,
animée par un éclaireur, se compose
de chants accompagnés du son des crécelles et des tambours, de prières, d'enseignements,
de témoignages et parfois de rites de guérison. La nuit venue, les boutons sèchés
du peyotl sont humectés avant d'être consommés. Chacun en mange entre quatre et
trente et même plus. Le rite se termine par un petit déjeuner à l'aube, alors
que l'on démonte le tipi.

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